ARTICLE SUR LE PARISIEN SUR LE LIVRE D'ALAIN BARRET

Alain barret boxe 2
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
C'est un homme qui en a vu. Un type à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. Très tôt, Alain Barret (55 ans) a connu les pires dérives et de profondes errances, jusqu'au jour où il a vu la lumière. Celle des sunlights du noble art. « La boxe m'a sauvé, elle m'a dompté », reconnaît-il aujourd'hui avec sa voix chantante et à travers l'ouvrage* qu'il vient de publier. Un témoignage terrifiant et émouvant, où des gants tendus l'ont sorti d'un gouffre sans fond.

En prison pour un crime de sang:

Né à Sarlat (Dordogne), il met dès l'enfance les doigts dans l'engrenage de la délinquance. Le décès de sa petite sœur, ajouté à des relations difficiles avec ses parents, le dirige tout droit vers l'alcoolisme à l'âge de 11 ans. Le gamin additionne les bêtises et ignore toute autorité. Il passe une nuit sous une cascade pour échapper aux chiens des gendarmes et étrenne une série de larcins en volant un briquet en or pour l'offrir à un instituteur. Il se bagarre souvent aussi et effectue plusieurs séjours en maisons de correction.
 
Mais la violence ne le quitte pas. Et elle le perd en 1973. Il commet un crime de sang et est condamné à vingt ans de prison, dont cinq ans ferme.
Derrière les barreaux se mêlent bagarres, mutineries et séjours au mitard. Avant qu'il ne trouve sa réinsertion par la boxe. « Dans la misère de ma solitude, elle a été ma compagne. » En cellule, il se confectionne un punching-ball en remplissant une chaussette de papier journal et pleure en écoutant à la radio la défaite de Bouttier contre Monzon. Quatre ans plus tard, l'ex-challengeur mondial est la première personne qu'il va voir à sa sortie de prison. Il trouve aussi une écoute auprès d'Alain Mimoun, champion olympique de marathon à Melbourne (1956), et de boxeurs chez lesquels il va chercher une forme d'éducation.

Le Sarladais écume les salles d'entraînement où il combat aussi ses soucis récurrents d'alcool. Et les boxeurs lui rendent le respect qu'il leur montre. L'homme s'assagit. Chauffeur pour Michel Acaries, il pose la main sur l'épaule de son idole Marvin Hagler qui l'invite à boire le champagne dans sa suite. Entré sur concours à la mairie de Paris en 1989, il côtoie Jacques Chirac. Père de deux garçons, Alain Barret, installé aujourd'hui à Antony, est à présent un homme apaisé. « Peu de gens auraient parié sur mon avenir. » Lui y a toujours cru. Parce que sous cette écorce de dur se cache un gros cœur.

* « Ma vie, ce combat », Editions PLA (12 €). Commande par email : alain.barret47@gmail.com

Le Parisien

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