CHRISTOPHE TIOZZO

 

Christophe Tiozzo est un boxeur professionnel français né le 1er juin 1963 à Saint-Denis. Il combattit dans la catégorie des super moyens et des moyens en professionnel, et des super welters en amateur. Il est le grand frère de Fabrice Tiozzo (l'aîné de la famille, Franck Tiozzo, fut également boxeur, poids lourds professionnel de 1983 à 1989 - 6 combats, 4 victoires-, puis tourna dans quelques films), et fut initié au noble art par Albert Mauriac, professeur de boxe à la salle André-Leroux de Saint-Denis. Son manager était Jean-Christophe Courrèges.

Il a écrit deux ouvrages: Ne m'appellez pas champion, ça porte malheur, éd. Plon en 1996, et Ma descente aux enfers, éd. Solar en 2000.

Carrière professionnelle:

Brillant boxeur amateur, Christophe Tiozzo était promis à un bel avenir chez les professionnels. Managé par un jeune homme d’affaire extérieur au monde de la boxe, l’espoir gravit rapidement les échelons tout en évoluant en marge du système français : faisant l’impasse sur le championnat de France, il combat souvent aux Etats-Unis et enchaine les victoires, pas toujours contre des boxeurs de valeur. En fait, ses deux victoires les plus significatives ont été acquises face à des français. Bientôt, un championnat d’Europe se profile à l’horizon. Ce titre est détenu par le français Pierre Joly, excellent boxeur, qui va défendre farouchement son titre mais qui le cèdera aux points à l’issue d’une décision jugée sévère par de nombreux observateurs.

Désormais Champion d’Europe des poids moyens, Christophe Tiozzo va défendre son titre devant des challengers valeureux mais limités, puis s’en va défier l’américain James Kinchen, un des hommes en forme de la catégorie supérieure. Récent « officieux » vainqueur du légendaire Thomas Hearns, Kinchen évolue en super moyens, catégorie que choisit Christophe Tiozzo pour effectuer sa conquête mondiale. Peut-être avec lucidité, car cette récente catégorie est nettement moins relevée que celle des moyens, où les boxeurs de valeurs se trouvent à foison.

Vainqueur de l’américain au cours d’un de ses meilleurs combats, Tiozzo se forge une position de prétendant mondial méritée. Face à lui se profile le coréen In Chul Baek, Champion du monde WBA, gros frappeur mais limité par la taille et la technique. Ancien super welters, le sud coréen est complètement dominé par le français, et l’arbitre arrête le massacre au sixième round.[1] Tiozzo est aux anges, et la France se découvre un bien beau champion du monde.

Après une défense relativement facile face au vaillant mais limité Paul Withaker, Tiozzo remet le couvert en affrontant Dan Morgan. Habitué à rencontrer des faires-valoirs aux quatre coins des Etats-Unis, Morgan se trouvait à une place où il n’aurait jamais du être. Par une habile manœuvre de ses managers, il prit la position de n°6 WBA et partit affronter le français. Deux rounds plus tard, le « combat » était terminé. Au cours de la soirée, sur le même ring, combattait le challenger officiel du Français, le panaméen Victor Cordoba. Grand, gaucher, intelligent, sec frappeur, celui-ci disposa lui aussi d’un faire-valoir en moins d’un round. Mais il apparût quand même d’un tout autre niveau que l’inepte Morgan.

Quelques mois plus tard, Tiozzo affronte Cordoba. Hors de condition, le français réalise un combat énorme de courage, mais trop habitué à des adversaires plus faciles, se fait battre avant la limite. Bien que battu, il effectua un combat admirable, sans tricher, et le match fut intense. Après deux combats sans enjeu, dont un particulièrement difficile face à l’américain Lenzie Morgan (dont la boxe rappelait curieusement celle de Victor Cordoba), il s’attaqua au titre WBC des mi lourds détenu par l’australien Jeff Harding. Boxeur dur au mal, très physique, moins doué que le français mais bien plus fort physiquement et mentalement, Harding conserva son titre en huit rounds après un excellent combat des deux hommes. Tiozzo n’avait pas choisi la facilité en affrontant un des leaders mondiaux de la catégorie des mi lourds.

Tiozzo raccrocha les gants à la suite de cette défaite, puis effectua quelques années plus tard un come-back qui ne dura pas très longtemps. Boxeur doué, Christophe restera la star française du début des années 90, à qui il ne manqua qu’un meilleur mental et plus de sérieux pour faire une plus grande carrière.

 

 

 

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