DANTE BINI

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Dante BINI est né le 23 Juillet 1927 à Bezons. Il arrive à Houilles à l'âge de 6ans, où il habite toujours. Il fréquente l'ancienne école Welter, aujourd'hui maternelle de la rue Zamenhof, où il obtient son Certificat d'Etudes Primaires. Il poursuit ensuite sa formation à l'école d'apprentissage de Courbevoie, où il passe avec succès un C.A.P d'ajusteur. A 20 ans, il se marrie avec Denise. Ils auront 2 enfants: Gérard, devenu aujourd'hui restaurateur et Michel, médecin à Roanne. La dynastie des BINI, qui compte à ce jour: 6 petits enfants et bientôt un arrière petit fils, n'est pas prête de s'éteindre.

De la fin de son apprentissage, jusqu'à la fin de sa carrière sportive, il travaille comme ajusteur chez OTIS, l'entreprise d'ascenseur bien connue.

( La carrière sportive même professionnelle ne permettait pas alors de vivre de son seul sport)

Il travaille ensuite jusqu'à l'âge de la retraite, comme cadre, sur les pipe-lines Le Havre/Paris, où il retrouve un autre ancien boxeur du Gant d'Or: André Chautard, dit "Mickey". Il vit aujourd'hui une retraite paisible, dans sa maison de la rue de Strasbourg, construite grâce à ses poings, et aux bourses récoltées sur les rings de France et d'Europe. 

Une famille immigrée…

Le père: Arthur, quitte sa Toscane natale et émigre en France dans les années 20, pour fuir le fascisme. Riveteur de formation, il travaille dans les mines du nord de la France pendant quelques temps, avant de venir s'installer dans la région parisienne. Son épouse, Génoise d'origine, l'y rejoint. C'est là que naissent Dante, puis son frère Pierre, aujourd'hui décédé. Pendant la guerre, il combat du coté de l'armée française.

De nombreuses années après, Arthur reçoit de la République Italienne, pour ses faits de résistance au fascisme, la décoration de "Cavalière del Ordine di Vittorio Veneto", distinction équivalente de notre légion d'honneur.

Toute sa Carrière sportive au gant d'or…

En 1945, âgé de 18 ans, il arrive au Gant d'or, où il suit l'enseignement du Professeur Franco Brondani. Venu avec ses copains pour faire de la culture physique, il se retrouve très vite avec des gants de boxe au bout des bras. Il est doué. Il ne quittera jamais, ni son club d'origine, ni son professeur, jusqu'à la fin de sa carrière sportive en 1958, à 31 ans.

Les champions de cette époque avaient nom Marcel Cerdan, Ray Sugar Robinson, Laurent Dauthuille (le Tarzan de Buzenval), Robert Charron, Robert Villemain, Ray Famechon, Charles Humez…  

A l'issue de sa carrière de champion, Dante passe les examens de professeur de Boxe et prend la succession de Franco Brondani au Gant d'Or.

La période est difficile pour la boxe, qui n'est plus à la mode en France. C'est un sport dur et ingrat où ne réussissent bien que ceux qui ont faim. Malgré la conjoncture défavorable, il prend en charge les élèves du Gant d'Or, parmi lesquels Mouloud Benchakal et Albert Deniel, qui se font un palmarès amateur de bon niveau avant de s'essayer à une carrière professionnelle. Dans les annèes 60, Dante ne peut plus concilier son activité professionnelle, qui exige de nombreux déplacements, et la responsabilité d'enseignant au Gant d'Or. Il passe la main à son élève Albert Deniel. 

Un palmarès copieux…

Toute sa carrière se déroule dans les poids coq (moins de 53,5 Kgs).Il livre 35 combats chez les amateurs, où déjà ses performances le font remarquer. Il effectue son service militaire au bataillon de Joinville. Il participe aux "Jeux Interalliés". International militaire, il est sélectionné pour la rencontre France-Autriche. 

Son service militaire terminé, il passe professionnel, dans les rangs desquels il livre 72 combats en 10 ans de carrière (de 1948 à 1958). Ses combats le font vite sortir du périmètre de Paris, Houilles, Carrières ou Chatou pour écumer les rings de Marseille, Valenciennes, Cherbourg, Brest, Coutances, Saint Brieuc et aussi Oran, Casablanca, Milan, Londres, Bruxelles, Liège, Glasgow, Copenhague, Helsinki. A Paris, il fait les belles soirées de la salle Wagram ou du "Vel d'Hiv".

Jeune professionnel, il bat à 2 reprises Théo Medina, un Gitan fantasque, ancien champion d'Europe, ce qui lui vaut d'entrer dans le gotha des poids coq. Il rencontrera par la suite d'autres champions renommés tels que le Belge Jean Sneyers, également ancien champion d'Europe, où Robert Cohen, futur champion du Monde.

Après avoir échoué une première fois, en 1954 contre André Valignat, puis une deuxième fois en 1956 contre Emile Chemama, il fait mentir le dicton jamais deux sans trois, et conquiert le titre de champion de France contre Stanislas Sobolak en 1956.  

En 1957, il défend victorieusement son titre à deux reprises contre Robert Tartari, puis contre Roger Cappato, avant de le perdre la même année, contre Eugene Lecozannet, dans ce que la presse unanime considère comme une décision scandaleuse. Le championnat se déroule à Saint Brieuc sur les terres du challenger devant 3000 supporters fanatisés. L'arbitre Juge unique n'a pas le courage d'affronter la colère prévisible de cette foule et donne la victoire au breton. Le lendemain, le journaliste Jean Dumas débute son commentaire par: "L'arbitre a perdu la tête et Bini, son titre". Un autre article commence par:" Assez d'injustice, la province n'est pas la forêt de Bondy…"Raymond Meyer écrit dans l'Equipe: "rarement verdict fut aussi scandaleux…"Cette décision, qui devait éloigner définitivement Franco Brondani, du "monde da la boxe professionnelle" pèse très lourd dans la fin de carrière de Dante. Les portes du championnat d'Europe qui lui étaient grandes ouvertes, se ferment brutalement.

 A 30 ans, il fait encore 3 combats avant de tenter un impossible quitte ou double, en défiant Alphonse Halimi, champion du monde en titre. La foi n'est plus là. Il perd par arrêt de l'arbitre, après un combat d'homme, digne et courageux. Bien conseillé par son entourage, il sait ne pas faire le combat de trop et décide alors d'abandonner la boxe professionnelle après une carrière bien remplie. 

Un styliste d'exception…

Dante a toujours été considéré comme un styliste, une expression vivante du "Noble Art": il savait donner des coups tout en évitant d'en prendre. Ses coups et ses enchaînements étaient fluides, précis et pouvaient servir d'exemple aux écoles de Boxe. Il possédait à merveille l'art de la feinte, de l'esquive et de la remise. Ce qui ne l'empêchait pas de faire preuve de courage, lorsqu'il rencontrait un frappeur.

Coté défaut, on lui reprochait souvent son manque d'agressivité, de pugnacité. Il fallait que ses adversaires lui fassent mal pour qu'il devienne méchant. Modeste plus qu'il ne faut, il semblait ne pas croire en ses capacités qui selon les connaisseurs étaient immenses. D'un naturel plutôt discret, il ne cherchait pas à faire parler de lui, autrement que par ses résultats sportifs.

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