LAOUARI GODIH

Laouari

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Né à Oran le 29 avril 1929, Lahouari y débute sa carrière de boxeur professionnel en décembre 1950. Devant une foule immense rassemblée dans les « Nouvelles arènes d'Oran », le lieu mythique de corridas où s'est notamment produit le grand matador El Cordobés, il remporte un tournoi organisé en hommage à Marcel Cerdan.

Il quitte Oran en 1951 pour Paris où il vit jusqu'en 1958 avant de s'installer aux États-Unis. L'Amérique l'adoptera. Dans cet autre antre mythique qu'est le Madison Square Garden, à New York, il livrera pas moins d'une quinzaine de combats.

Au total, Lahouari Godih a disputé 120 combats professionnels entre 1951 et 1962, parcourant l'Afrique, l'Australie, l'Europe, d'Abidjan à Londres, en passant par Casablanca, Copenhague, Glasgow, Rome, Istanbul, Brisbane ou Sydney.

C'est dans sa maison du Queens, tout près de Manhattan, qu'il m'a reçue en compagnie de son épouse Soraya. En me racontant son quotidien et son passé de boxeur, m'est apparu un sage, marqué, mais enrichi, par les blessures d'une existence partagée entre la terre natale et celles d'adoption.

Après un demi-siècle de vie américaine, Lahouari Godih est demeuré fidèle à ses racines. Le récit de son existence aurait pu nourrir les écrits d'un Albert Camus, né, comme lui, en Algérie.

La boxe ne fut pas seulement pour Lahouari Godih un sport. Elle était d'abord un moyen de s'extirper de la misère et de la pauvreté. Quand on a faim, le combat, qu'il soit pour la survie ou le titre, est le même. Il est naturel. Après avoir décroché sa première victoire à l'âge de 16 ans, il empocha 6 francs. Il comprit dès lors que la boxe serait son gagne-pain.

Lahouari, qui a perdu très jeune ses parents, a été élevé par sa grand-mère. Celle-ci lui inculqua des valeurs et une force spirituelle qui lui serviront tout au long de sa vie, lui assurant le respect de son entourage. « La boxe apporte la gentillesse, parce que ce n'est pas facile de se battre et de frapper l'autre », lâche-t-il humblement, le regard plein de bonté. Pour lui, ce n'est pas simplement une affaire de muscles, c'est aussi une question de discipline. Musulman, il ne fume ni ne boit et pratique le jeûne deux fois par semaine.

Lahouari commence à travailler dès l'âge de 10 ans, après la mort de sa mère, emportée par la fièvre typhoïde. Il est tour à tour surveillant, porteur au marché d'Oran, cordonnier. Entre 1942 et 1945, pendant la guerre, des visites dans les bases américaines fixeront son destin. Là, les GIs lui enseignent les rudiments de la boxe et lui donnent l'envie de tenter l'aventure. L'entraîneur François Constantin lui mettra le pied à l'étrier en le frottant à des boxeurs amateurs dans des combats organisés pour le compte de l'armée américaine.

À 13 ans, Lahouari est repéré par le manager oranais François Ibanez, lequel le conduira jusqu'aux arènes de la victoire, avec 55 combats remportés entre 1946 et 1950. À 17 ans et 54 kilos, il est finaliste du championnat d'Oranie. Il devient un grand espoir de la boxe africaine. Champion d'Oranie, d'Algérie, d'Afrique du nord et finaliste au championnat de France, il est une « Terreur du ring », le label décerné aux meilleurs boxeurs oranais.

En 1951, il prend le bateau pour Marseille, d'où il gagne Paris. Son séjour à Paris ne passe pas inaperçu. C'est dans la salle Wagram à Paris qu'il devient champion de France des poids « légers » à l'issue d'un combat disputé entre deux oranais et deux amis de toujours, Hocine Khalfi et Laouari Godih. À Paris, il aura disputé 27 combats pour remporter 27 victoires. En France, on fait référence dans les journaux à « l'incomparable Marcel Cerdan au talentueux Lahouari Godih ».

Par la suite, une autre étape importante de sa carrière se dessine. Lors d'une soirée organisée par le journal l'Équipe, il fait la rencontre d'un représentant du Madison Square Garden, George Peter. Ce dernier l'introduisit à Lew Burston, chargé des intérêts des boxeurs étrangers aux États-Unis pour le compte de la International Boxing Championship, le permettant ainsi d'obtenir des propositions de combat aux États-Unis.

Sept ans plus tard, il quitte donc la France, où il avoue avoir gardé une foule de bons souvenirs. Au fond de son cœur, il se sent même « plus français que les Français ». Nombre de ses amis de l'Hexagone lui manqueront.

Le 2 février 1958, il débarque à New York, où il posera définitivement ses valises. Il y rencontre sa première femme, avec laquelle il aura trois enfants. Après son divorce, il retourne à Oran où il n'était pas allé depuis 12 ans. Il y retrouve sa cousine Soraya, qu'il épousera en 1976. Ils auront trois enfants.

A 33 ans, Lahouari raccroche les gants. Il se tourne alors vers la mission de l'Algérie auprès des Nations unies, une expérience qui lui permettra de rencontrer presque tous les chefs d'État algériens, à l'exception du président Chadli. En 1963, lors des funérailles de John Fitzgerald Kennedy, le ministre algérien de la jeunesse et du sport, Abdelaziz Bouteflika, se rend à New York.

 

 

 

 

 

 

6 votes. Moyenne 4.33 sur 5.

×