LAURENT DAUTHUILLE

 

BIOGRAPHIE DE LAURENT DAUTHUILLE

Né le 20 février 1924 à Véry-Noureuil, un hameau de Chauny (Aisne), il a tout juste un an lorsque ses parents s'installent à Buzenval, un quartier de Rueil-Malmaison. Les carrières de sable de la ville deviennent très vite son terrain de jeu favori. A l'école communale, le petit Laurent défend ses petits copains de classe pour quelques gâteaux, ses premières bourses de combattant.Il additionne aussi les petits boulots et sert notamment de caddy au golf de Saint-Cloud où il croise le Duc de Windsor ou L'Aga Khan. Tambour puis clairon dans la fanfare municipale, il pratique la gymnastique de 8 à 16 ans aux Cadets de Buzenval. Mais il a une révélation en découvrant la boxe un soir à la salle Wagram. André Barraut l'accueille au Rueil AC. Il le prend sous son aile lorsque Laurent perd son père, chef d'équipe chez Renault avant d'être employé comme cantonnier-fossoyeur au cimétière de Saint-Cloud en 1941, laissant derrière lui une veuve et quatre enfants.

Chez les amateurs, Dauthuille se révèle très performant. Vainqueur du Critérium des As en 1943, il est sacré champion de France des welters l'année suivante, remporte une 93e victoire (pour 2 nuls et 5 défaites) et passe professionnel le 19 septembre. Sa carrière flambe très vite et sa frappe puissante fait déjà des dégats. Un accroc lors de ses 22 premiers combats, mais il met un terme à la carrière de Jean Despeaux (aban. 3e) et bat aux points Robert Charron et Assane Diouf. Pourtant, Villemain et le Belge Delannoit le coupent dans son envol vers les sommets. Il se sent floué par ces décisions aux points et entend donner un nouvel élan à sa carrière au Canada.

Le 1er novembre 1948, il quitte la France avec sa femme Andrée, leur petite Josette et André Barraut. Laurent Dauthuillle retrouve vite sa détermination et la renommée. Il livrera quatorze combats en deux ans. Sa défaite devant le Cubain Kid Gavilan, le 21 novembre 1949, est même contestée par Jack Dempsey présent au bord du ring. Mais il bat Chris Zivic (KO 9e), le 3 avril 1950 à Pittsburg et Steve Belloise (KO 7e), le 1er mai à Montréal, avant de rentrer à Paris avec l'espoir d'atteindre le toit du monde face à ce LaMotta qu'il a dominé le 21 février 1949 à Montréal. Marcel Cerdan, champion du monde des moyens depuis quelques mois, s'était dit prêt à donner sa chance à son compatriote. Il ne pourra jamais. C'est alors LaMotta, vainqueur de Cerdan un plus tôt, qui lui offre. Avec l'issue dramatique que l'on connaît. Laurent Dauthuille ne s'en remettra jamais, mais il repart pourtant au charbon.

Deux mois après son échec face au Taureau du Bronx, il bat aux points Paddy Young au Madison Square Garden de New York, puis Otis Graham à Montréal. De retour à Paris, il est attendu par Jean Walczak qui s'avoue pourtant vaincu (aban. 8e) le 12 février 1951 au Palais des Sports. Le choc face à Robert Villemain doit désigner le challenger de Ray Sugar Robinson. Mais ce 9 juin sous la pluie au stade Buffalo de Montrouge, les deux hommes repartent dos à dos et Dauthuille ne prendra jamais sa revanche.

D'un nouveau séjour au Canada il ramène trois succès (Janiro, le sourd-muet Hairston, Wouters) et un défaite (Hairston). Mais deux autres échecs devant Charles Humez (aux points) et Johnny Bratton (aban. 3e), l'ex-champion du monde du monde NBA des welters, n'annoncent rien de bon. Le 11 novembre 1952 au Palais des Sports, Mickey Laurent n'a besoin que de deux rounds pour mettre KO un Dauthuille qui n'est plus que l'ombre de lui même. Après 62 combats (45 victoires, dont 24 avant limite, 4 nuls et 13 défaites), la fédération française lui retire sa licence. Il se tourne alors vers le catch, plus pour vivre que pour entretenir sa passion des rings. Comme lors de son adolescence, il cummule le petits emplois (pompiste, chauffeur aux Messageries de la Presse et balayeur) avant de perdre la vie à l'âge de 47 ans.

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