FRANCK PETITJEAN

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En février dernier, il a remporté son deuxième titre de champion de France de boxe anglaise catégorie superléger.

Année après année, Franck construit sa légende.

Pourtant, il aurait pu ne jamais enfiler les gants. À quinze ans, Franck se voit plutôt footballeur. Enfin disons que le jeune garçon, qui aime le sport, que ce soit le vélo ou le hockey, ne peut pas se passer d’activité physique. C’est donc tout naturellement qu’il s’inscrit en sport études, jusqu’à jouer au football en niveau régional. Seulement, le ballon rond ne le transporte pas. « Je m’investissais beaucoup. Mais le problème du sport collectif, c’est que lorsque tu te donnes à fond mais que tout le groupe ne suit pas, ça démotive. J’ai donc décidé de me mettre à autre chose. » C’est un ami du lycée qui lui fait découvrir la boxe. Française d’abord. « Et puis un jour, je pars m’entraîner avec mon petit frère, qui pratique la boxe anglaise. Au bout de 12 rounds, je suis contraint de poser genou à terre. Contre mon cadet ! », rit-il. « J’ai été touché dans mon orgueil. Aujourd’hui on se chambre encore là-dessus, ça le fait sourire d’avoir battu un champion de France... » Pendant un an, il pratique les deux disciplines.
Pour finalement abandonner la boxe française. « J’ai préféré le côté noble, ancestral de la boxe anglaise. » C’est dans ce sport individuel qu’il s’épanouit et trouve enfin son bonheur. « Je voyais mon investissement récompensé. Sur le ring, tu es seul. Si tu échoues, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Ce qui m’a paru étrange au début, c’était d’avoir un public. C’est un peu comme si tu étais en représentation. Ça n’a pas été évident au début. Lors de mon premier combat, j’avais peur de m’exposer devant tout le monde. Et puis finalement, ça m’a porté. » La boxe lui permet de canaliser son trop-plein d’énergie. Il faut dire que le jeune homme ne fait pas les choses à moitié. «La nuance, le pas assez, je ne connaissais pas. Sur le plan personnel, la boxe m’a fait énormément de bien. C’est la seule discipline qui m’a permis de tout donner. Après un match de foot ou avoir couru, on est fatigué, mais ce n’est pas la même sensation. Là, après un match, tu es vraiment vidé. C’est un état presque indescriptible. »


« Je me pose énormément de questions. Le sport, ça m’a permis de me libérer »


Sur le ring ou dans la vie, les coups ne lui font pas peur. La cicatrice qu’il porte au front n’est pas liée au combat, mais lui a sans doute permis de prendre une certaine distance avec le risque de stigmate. « J’avais trois ans, nous avons eu un accident de voiture. 130 points de suture et trois interventions plus tard, j’étais bien défiguré ». Il sourit et hausse les épaules. « C’est vrai que beaucoup se demandent comment les boxeurs peuvent encaisser les coups en prenant le risque de se faire casser le nez. Mais la boxe, c’est un jeu du chat et de la souris. Le but, c’est quand même d’éviter les coups. Mais j’avoue, le fait de ne pas avoir peur de prendre des coups et d’être boosté par l’adversité est assez étrange. J’ai tendance à croire qu’il y a une sorte de volonté d’exorciser quelque chose, mais cela est valable pour tous les sportifs de haut niveau je crois. » S’il prend la chose avec humour, on sent que le jeune homme est un écorché, un fonceur, mais réfléchi. « Je me pose énormément de questions. Le sport, ça m’a permis de me libérer ».
Parallèlement à sa carrière, il partage depuis deux ans son expérience en tant que coach sportif. Dans sa salle du 17e arrondissement, il côtoie beaucoup de beau monde, et il n’est pas rare qu’il entraîne des célébrités ou des politiques. Sans pour autant être impressionné. Franck est humble. Rit de lui facilement. Ne calcule pas. S’il a une page Facebook, c’est pour faire connaître sa discipline. Le show off, ce n’est pas lui. Posé et heureux, il ne peut toutefois pas renier sa nature angoissée. « Tant que je me lève le matin avec l’envie, je continue. Ensuite, je verrai bien. Même si j’avoue que j’y pense d’ores et déjà », admet-il.
À l’évidence, cela n’arrivera pas demain.

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