HISTOIRE DU BOXING CLUB ROYANNAIS

Boxe

 

 

 

PREMIERS ROUNDS

L'envie  d'en découdre sur un ring est venue aux Royannais après la guerre, dans les années 1947-48. À partir de 6 heures le soir, les boxeurs rejoignent les lutteurs et les haltérophiles dans les dépendances (chais ou écuries) du Château de Mons, qui donnaient alors sur la rue Dugua de Mons. Ces séances se déroulent sous la houlette de l'infatigable entraîneur Georges Justin, "le tétu" se souviennent les anciens.

En 1949, le club devient officiellement le ROC Boxe, présidé par Fernand Royer. De jeunes boxeurs entament une belle carrière comme Pierre Chivilo qui dispute son premier combat à 16 ans en 1951. Il sera champion universitaire en 1953, Champion du Poitou Limousin en 1954, 1/8 de finaliste des championnats de France en 1955 et participera, la même année, au stage pré olympique à l'INSEP à Paris. Les rugbymen se souviennent aussi de l'avoir vu sur les terrains sous le maillot du ROC Rugby. Son départ en Algérie en 1956 le contraint à raccrocher les gants mais il reprendra le chemin de la salle dans les années 60 et deviendra l'un des piliers du club.

Les effectifs s'étoffent et les locaux du Château de Mons deviennent trop exigus. Le monde des gros bras, haltérophilie, lutte, judo et boxe, déménage salle Champlain, en face du Lycée du même nom. Les premières réunions de boxe ont lieu dans le casino en bois, dressé provisoirement par Émile Couzinet en face de la poste. C'est là qu'a lieu, le 11 mars 1950, le KO le plus rapide du Sud-Ouest, sous les gants d'Abel Dufour qui expédie son adversaire au tapis en 2 mn 30. La petite histoire veut qu'Abel, arrivé en retard, ait répondu à son entraîneur Jo Justin, impatient : "Ne t'inquiète pas. Je n'en aurai pas pour longtemps". Ajouté à cela une salle remplie de rugbymen tous acquis à Abel Dufour. "Son adversaire était battu avant d'entrer sur le ring" conclut Pierrot Chivilo, témoin de "l'exécution". "Dans ce sport, confie l'entraîneur, il est parfois difficile de passer des vestiaires au ring".

À la présidence du club, Adam Latus succède à Fernand Royer. Les entraînements ont toujours lieu à la salle Champlain. Le journal Sud-Ouest du 13/11/1964 constate : "Cette salle n'est pas bien gaie. Le plafond tombe en botte comme on dit. Les murs sont lépreux. La lumière n'est pas parfaite. On y travaille de tout cœur... et personne ne fait attention aux choses d'alentours."

À cette époque, le club compte environ quinze licenciés et une vingtaine d'élèves. Il organise des rencontres internationales amateur dont France-Tchécoslovaquie au casino en bois et France-Italie à la salle des Mouettes en 1965. Pierrot Chivilo assiste Jo Justin puis devient entraîneur officiel après l'obtention, en 1969, de son diplôme (brevet d'état) de prévôt de boxe anglaise. Parmi les meilleurs boxeurs, Michel Jean-Baptiste se distingue, trois fois international dans les années 70 ainsi qu'Henri Moreau, champion de France en 1971.

Entraînement "à la cubaine"

Dans les années 70-80, le ROC Boxe trouve son rythme de croisière. Il a pris ses quartiers au stade Landry. Sous les présidences successives de Descamps, Jean Ribeyrol, puis Jacky Candau, les athlètes travaillent dur. Pierrot Chivilo raconte le changement de méthode : "A l'époque, on s'entraînait deux fois par semaine. Au cours d'un voyage en Hongrie, les boxeurs royannais se sont trouvés dans le même hôtel que les cubains, les meilleurs du monde qui s'entraînaient comme des fous. Au retour, j'ai adopté la méthode cubaine : entraînement tous les soirs, le samedi gala en France et à l'étranger. " Le club organise également deux ou trois galas par an au stade Landry, ce qui ne s'avère pas toujours de tout repos. Il faut trouver un adversaire pour chaque boxeur et rembourser les déplacements.

L'école de boxe éducative est créée au milieu des années 70, première du Comité Poitou-Charentes. Michel Labbé, licencié et gardien du stade Landry consacre ses mercredis après-midi aux apprentis boxeurs (photo ci-contre coll. P. Chivilo).
Le ROC compte de bons boxeurs : Michel Labbé, Yves Boursier, Bernard Marius, champions régionaux, Bernard Damiens, Jean Jacquiaud et son frère Bruno qui sera entraîneur adjoint de Pierrot Chivilo; Parmi les plus jeunes, Gilles Menant, champion de France universitaire, international, médaille de bronze au tournoi de Venise, Thierry Vié, champion régional et international, Éric Hayot, champion régional... et trois champions de France.

 

Éleveur de champions

En 1979 et 1980, des titres majeurs récompensent les meilleurs boxeurs du ROC, le club et son entraîneur. En 1979, Didier Hayot est champion de France en catégorie mini mouche. Il a 16 ans, une bonne droite, il est rapide et ne craint pas les coups. Il a commencé la boxe à 8 ans et reste le plus jeune champion de France de tous les temps. Lors de la même réunion à Valence d'Agen, Ali Ben Maghenia décroche également la ceinture de champion de France en poids plume qu'il défendra victorieusement pendant trois ans. Membre titulaire de l'équipe de France, il sera également Vice-champion du monde amateur junior à Yokohama au Japon et participera aux Jeux Olympiques de Moscou en 1980. Son entraîneur est encore bluffé par le personnage : "Il avait une boxe précise, agréable, une grande condition physique. Il aurait pu passer professionnel et beaucoup cherchaient à le recruter mais il s'en fichait. Dans les championnats amateur, je pouvais le lâcher sans crainte qu'il parte vers d'autres clubs. Il voyageait partout avec l'équipe de France et faisait ce qu'il voulait. Un jour de sélection nationale, à la veille du départ à l'étranger, il était sorti le soir, n'était pas rentré à l'hôtel et avait rejoint l'équipe à l'aéroport le matin".
Enfin en 1980, Dominique Durand, frustré de sa victoire en 1978, devient enfin champion de France des super-légers, après 9 ans d'attente. "Il était brillant, intelligent, courageux avec du souffle, de la technique et de grandes qualités morales" constate Pierre Chivilo.

Le ROC vainqueur aux points

Trois boxeurs sont en vedette mais l'ensemble du club tourne fort et, en 1980, le Roc Boxe ramène la coupe du meilleur club de France au total des points ainsi que la Coupe Cuny pour Pierre Chivilo reconnu meilleur professeur pour les résultats obtenus. On aurait pu ajouter la palme de l'ambiance qui, à écouter les anciens, était excellente, familiale, à tel point que plusieurs boxeurs finissaient régulièrement à la même table après les entraînements, parfois chez les Chivilo.

Le ROC relève le gant

 

Malgré la présence de Michel et Claude Labbé qui poursuivent les entraînements, le club traverse une période difficile de mutation. Le ROC est à la recherche de stabilité quand Franck Weus arrive à la présidence en 2004. Revenu à Royan après des années parisiennes, ancien boxeur, passionné par ce sport et ami de grands noms du monde de la boxe, il s'applique à relancer le club. Il commence par la boxe éducative, initie un partenariat avec le centre socio-culturel de Royan et convainc la ville d'acheter un ring modulable. Il peut ainsi organiser régulièrement des galas et championnats de boxe éducative qui deviennent rapidement de grands rendez-vous régionaux. Franck Weus fait entrer de l'argent dans les caisses pour organiser des événements, il fait parler du ROC avec notamment la venue du Champion du monde Mahyar Monshipour, qui conseillera régulièrement les jeunes licenciés. En 2007, Kengy Dical est vice-champion de France de boxe éducative et Fidji Guillet obtient le titre de championne de France de la catégorie. L'année suivante, Mickaël Weus est vice-champion de France et Mathieu Debru, champion de France de pré-combat.

Le club renoue avec l'organisation régulière de galas amateurs et inclut des combats professionnels, notamment les 1/4 de finale du Tournoi de France en 2010 avec Kamel Maachou qui sera champion de France l'année suivante. Il s'agit de faire venir le public et de faire boxer les Charentais. Dans le même esprit, en 2012, Royan reçoit les Championnats d'Europe de boxe pieds-poings avec deux champions du monde.

En 2010 - 2011, le ROC participe à presque tous les tournois en France. Mickaël Weus atteint les 1/2 finales du Championnat de France. Il passera professionnel en 2012 avec Josselin Mollas. Déjà labellisé argent par la Fédération Française de Boxe, le club est labellisé or en 2012, une distinction que seuls 7 clubs sur 800 en France décrochent et qui récompense l'accueil, la qualité des structures, l'organisation de manifestations. Le handi-sport a également également trouvé sa place au club qui compte désormais deux Champions de France de cette discipline, dont un en première catégorie. Le président actuel tient à rappeler qu'un club de boxe ne repose pas que sur quelques bons amateurs. Le ROC compte aujourd'hui environ 120 licenciés, dont beaucoup de jeunes, de femmes et d'homme qui viennent se détendre. En 2007, le club était le premier club féminin de France avec 22 licenciées (photo ci-dessus D. Chotard). Aujourd'hui, Anaïs Cressac et Erika Rousseau sont parmi les meilleures boxeuse françaises; Zidane et Benjy Feltain, "deux surdoués" selon le président, raflent les titres interrégionaux de boxe éducative. Pour Franck Weus, le ROC se fortifie de cette diversité.

Aujourd'hui, Gilbert Rouffignat assure les entraînements avec Adil Belhachemi qui se consacre à la boxe éducative. Ils succèdent à Walter Lechnic et Erlan Bétaré, Franck Weus lui-même ayant assuré l'interim, aidé par un intervenant "de luxe" en la personne de Mahyar Monshipour. Depuis 2013, on voit même Dominique Durand qui revient apporter sa science aux jeunes, deux soirs par semaine, à la grande satisfaction de Franck Weus qui le salue comme un grand champion. On peut y voir aussi la continuité entre anciens et nouveaux, un signe de bonne santé pour un club de sport.

 

 

 

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