JACK LONDON

jack london

 

 

 

 

Jack LONDON (San Francisco 1876 - Glen Ellen, Californie, 1916.), grand écrivain qui n'a pas la réputation qu'il mérite. A redécouvrir. Auteur de récits d’aventures plus que de voyages, il me semble que London a néanmoins sa place sur ces pages suite a son parcours de BOXEUR et a ses romans sur le monde de la BOXE de l'époque. La remarquable entreprise des éditions Phébus (collection de poche Libretto), qui republie les oeuvres de London dans des traductions revues et corrigées, donne l’occasion de se replonger dans cette oeuvre importante trop longtemps négligée.

La première nouvelle de ce recueil s’intitule L’enjeu. Grâce à l’argent de la boxe, Joe parvient à faire vivre sa mère veuve et ses sœurs et à effectuer les traites sur la maison qu’il lui a achetée. Joe est l’athlète par excellence et n’a aucun vice. Un jour, il rencontre la belle Geneviève qui travaille dans une confiserie et c’est le coup de foudre. La beauté de Geneviève n’a d’égal que le talent de Joe et London arrive à marier sensualité et brutalité dans un phrasé qui danse comme un boxeur sur un ring. Joe est talentueux mais son ultime combat aura une tournure tragique. À travers la logique implacable du jeu, London expose à la fois l’essence de la boxe et la cruauté d’une vie régie selon les règles d’un jeu absurde.

La seconde nouvelle s’intitule La brute. Pat Glensey est le fils d’un ancien boxeur qui s’est retiré dans les bois. Loin de la ville, Pat grandit en se mesurant aux ours et aux éléments. Son père le prépare à devenir boxeur et lorsqu’il sent qu’il est allé au bout de son éducation, il écrit à Sam Stubener, un entraîneur, pour lui confier Pat. À contrecœur, Pat quitte rivières et montagnes pour la ville où il s’entraîne en vue d’affronter des boxeurs de son calibre. Mais aucun de ses opposants n’est à la hauteur et il remporte tous ses combats par K-O. La dernière chose que lui avait dit son père est : « Quoi qu’il arrive, fais gaffe aux femmes […] La femme c’est la mort et l’enfer, souviens-toi de ça. Mais si tu trouves la femme, la vraie, alors garde-la. Ça vaut plus que l’or et l’argent. Sois sûr de ce que tu fais, et alors, une fois sûr, ne la laisse pas filer entre tes doigts… » Un jour, il rencontre cette femme et, après avoir fait un coup d’éclat qui retentira dans tout le milieu de la boxe, il décide de quitter ce milieu corrompu.

Jack London a personnellement pratiqué la boxe (c’est lui sur la couverture) et c’est ce qui donne à ce recueil de nouvelles sa saveur et son réalisme. Page après page, on sent l’odeur du gymnase, des gants de cuir et l’extraordinaire tension qui culmine lors d’un combat. Les mots sont juxtaposés de façon subtile et adroite —à l’image d’un boxeur qui talonne son adversaire et attend l’ouverture pour lui pour envoyer un crochet du droit— et on est carrément mis K-O par le génie de London. La brute est sans doute la meilleure nouvelle jamais écrite sur la boxe.

BOXING GENERATIONS

 

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