MARCEL PRILLEUX

Marcel prilleux

 

 

 

 

 

Jean "Marcel" Prilleux est né le 16 novembre 1910 à Pont à Mousson. Après une carrière amateur, démarrée en 1928 , il est sacré champion de France militaire le 21 février 1932, à 21ans, pour le compte du 151ème RI, après une victoire sur Dessalles. Ce titre marque le début d'une carrière professionnelle qui comptera plus de cent combats.

En 1932, après son titre de champion de France militaire, il monte 10 fois sur les rings, avec comme gros morceau l'espagnol Francisco Ros, à Barcelone, qui lui inflige sa première défaite.

Une victoire aurait été étonnante, car Ros compte au moment de leur rencontre 58 combats, avec  44 victoires dont 20 par KO... et Marcel Prilleux seulement 5 combats, tous victorieux, mais tout de même... Marcel  tiendra 6 des 10 rounds avant de jeter l'éponge.

L'année 1933 est une grande année pour Marcel : il commence par une victoire à Strasbourg contre Gruber et ne s'arrête plus : 14 victoires consécutives, toutes sur les ring parisiens, en particulier au Central Sporting Club, un haut lieu de la boxe de ces années 30. Un nul à Vitry contre Marcel Bazin, et une défaite à Alger contre Joseph Esteve, le freinent un peu dans son élan, mais il reprend sa marche en avant, avec deux victoires au Central, contre un Roumain, Ildo Kreju et un Italien, Dino Tempesti.

Il est donc fin prêt lorsqu'il s'engage dans le tournoi parrainé par l'hebdo "Match l'Intran", et organisé par l'incontournable Jeff Dickson : l'idée est de permettre à des jeunes talents de se montrer, et de récompenser les meilleurs par une ceinture, qu'ils remettront en jeu au fil des combats. Le tournoi s'étend sur 15 jours, salle Wagram et Marcel Prilleux élimine successivement Pierre Martel, Lucien Inglart et André Pinson avant de se présenter en finale contre Marcel Caudron, qui a à ce moment-là  avait 15 combats à son actif, alors que son adversaire en a lui 33... Et des deux Marcel, c'est Prilleux qui l'emporte.

Cette ceinture il la défend pendant quatre ans, et elle passe de boxeurs en boxeurs. Après l'avoir perdue, il réussit à la reprendre par deux fois : à Marcel Foulon, le 4 mars 1936 et à Assane Diouf, le 12 février 1937. Et à ce moment, il ne la perd plus, et il la conserve définitivement, avec le privilège d'avoir son nom en qualité de dernier détenteur gravé dessus...

Les années 1936 et 1937 sont du reste deux années fastes pour Marcel, qui remporte 29 des 31 combats disputés entre le 14 février 1936 et 10 décembre 1937. Il est d'ailleurs invaincu toute l'année 1937, où il gagne à 17 reprises. Tous ces bons résultats font de lui un des meilleurs espoirs parmi les poids moyens de la période et, c'est presque naturellement qu'il lance, en février 1938, un défi au grand Marcel Thil pour le titre de champion de France des moyens. Défi  accepté par la Fédération Française de Boxe, Marcel  Thil renonce à son titre et le laisse vacant. Et alors que Marcel Prilleux avait été retenu comme adversaire valable contre Thil, la Fédération désigne Victor « Kid » Janas et Carmelo Candel, pour cette succession. Choix cruel pour Marcel, mais le sort lui sourit lorsque Candel se blesse en juillet à Berlin, juste avant le combat prévu à Chantilly contre Janas... La Fédération donne finalement son aval à un combat Prilleux – Janas, et celui-ci se déroule le 11 Septembre 1938. Et malgré un avantage au premier round, Marcel ne remportera que les cinquième

 

et sixième, et c'est Kid Janas qui devient Champion de France. C'était là une occasion unique pourMarcel Prilleux de franchir un palier dans une carrière jusque-là à la trajectoire ascendante.

Ce 11 septembre 38 marque plutôt un coup d'arrêt, mais le moral n'est pas complètement atteint et Marcel remporte ses deux derniers combats de l'année, le premier en novembre contre le redoutable Al Renet et le second en décembre contre l'Anglais Kid Floran. Deux combats dans « sa » ville du Mans, où il n'a jamais perdu un seul des 21 combats qu'il y a livrés.

L'année 1939 est plus compliquée car elle débute par une défaite à Wagram contre l'Italien Oldoini, et pour son dernier combat de l'année 39, en juin, il se retrouve face à celui contre lequel il a le plus boxé et qui était devenu son ami : Assane Diouf. Dernier combat, car la guerre arrive : Marcel est mobilisé et envoyé au front. Et en 1940, il est plongé dans l'enfer de Dunkerque, au moment de la fameuse opération « Dynamo », fin mai début juin. Il a la chance d'en réchapper, certainement parce qu'il était dans une unité sanitaire de la 68 DI, sur l'arrière, mais il fait partie de ces 40 000 soldats que les Allemands capturent d'un seul coup le 4 juin sur la plage de Malo­les- Bains. Envoyé aussitôt au stalag IX­C à Bad­Stulza, il en revient début avril 1941, et rentré au Mans, il reprend l'entraînement.

Son combat de reprise est contre Jean Beslay, un puncheur que la presse de l'époque fait figurer parmi les adversaires les plus difficiles à manier. Marcel remporte une victoire aux points, dans la salle du Trianon­Palace, le haut lieu des galas de boxe au Mans de ces années là. Belle victoire, mais c'est le début de la fin pour Marcel, qui a 31 ans et déjà une longue carrière derrière lui. Il boxera encore deux ans comme professionnel, son tout dernier combat se soldant par une victoire contre Victor Sinn, à Avranches, le 24 octobre 1943. Marcel s'est établi avec sa femme Madeleine en 1942 à Granville, et où il prend en main la destinée du Boxing Club Granvillais. Il reste quatre ans dans cette ville , après avoir sorti quelques professionnels des rangs du BC Granvillais, en particulier Henri Hecquard, qu'il ramènera avec lui au Mans lors de son retour dans sa ville fétiche, en 1946. Marcel termine alors son histoire avec la boxe en étant professeur­manager du Boxing Club Manceau, jusqu'en 1957. Gardien de la paix depuis 1943, il prend sa retraite en 1967, et peut se consacrer à une autre activité qui fut de tout temps sa passion : la pêche...

Marcel Prilleux disparaît le 11 janvier 1995, et la presse sarthoise rappelle à sa mort que Le Mans, ville de l'automobile par excellence, eut aussi un grand champion de boxe dans les années où le« noble art » attirait des foules considérables.

Frédéric Prilleux pour Boxing Générations

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